Depuis la semaine du 6 octobre, la récolte de la pomme de terre bat son plein dans le territoire de Nyiragongo, à la suite d’une saison culturale particulièrement riche, comme à l’accoutumée. Chaque année, les paysans de cette région parviennent à obtenir deux à trois récoltes, produisant entre dix et vingt tonnes sur quelques hectares seulement.

C’est à la main, dans la joie et la solidarité, que les cultivateurs du Nyiragongo arrachent leurs tubercules à la terre. Sous le soleil ardent, la pluie battante, le froid ou la chaleur, ces hommes et ces femmes poursuivent leur labeur avec une énergie admirable.

Depuis janvier 2025, c’est la deuxième fois que l’administrateur du territoire, Mr Éphrem Kabasha, et ses paysans présentent leurs produits agricoles à la population, malgré les caprices d’une météo devenue particulièrement instable dans la région de Goma et du Nyiragongo. La culture de la pomme de terre constitue une activité agricole essentielle pour ce territoire. Toutefois, elle fait face à plusieurs défis, notamment le coût élevé des semences et les aléas climatiques qui bouleversent les saisons.

En 2021, les éruptions du volcan Nyiragongo avaient dévasté des milliers d’hectares de champs, emportant avec elles les récoltes de pommes de terre, de haricots et de maïs. Malgré ces drames, la résilience des habitants demeure exemplaire. Aujourd’hui, des initiatives locales s’efforcent de relancer la production grâce à l’amélioration des techniques culturales, à l’emploi de la main-d’œuvre locale y compris des populations récemment revenues des camps de déplacés et à la recherche de nouveaux partenariats pour soutenir la relance agricole. Cependant, plusieurs obstacles persistent.

Le changement climatique perturbe profondément le calendrier agricole, rendant incertaine la production, tant en quantité qu’en qualité. De plus, le prix des semences reste prohibitif : les variétés de qualité supérieure, telles que la « Carolus » importée des Pays-Bas, demeurent hors de portée pour de nombreux paysans.

Sur les marchés locaux, le kilogramme de pommes de terre se négocie actuellement entre 1 000 et 1 200 francs congolais. Malgré tout, la demande croissante sur le marché de Goma stimule la production. Des entrepreneurs locaux, conscients du potentiel de cette filière, emploient désormais de la main-d’œuvre, y compris des personnes retournées, pour relancer l’économie rurale sous la gouvernance de l’AFC/M23.

Les agriculteurs, de leur côté, appellent à un appui plus structuré : accès à des semences de qualité, formations adaptées aux changements climatiques, infrastructures rurales et création de banques agricoles. Ainsi, au pied du Nyiragongo, sur la pierre de basalte et la gloire du destin, les paysans poursuivent inlassablement leur œuvre : nourrir la région, préserver la vie et perpétuer l’espérance d’une terre féconde.

Source : AFC/M23

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